Zemmour : une chance pour Marine Le Pen

L’arrivée tonitruante d’Eric Zemmour dans la campagne présidentielle a bouleversé un scénario qu’on croyait inéluctable. Marine Le Pen qui selon toutes les prévisions devait se qualifier sans problème pour le duel final, au point même qu’elle semblait déjà faire sa campagne de second tour, risque finalement d’en être écarté.

Mais serrait-ce vraiment un mal pour elle ? Une réédition du duel de 2017 (Emmanuel Macron vs Marine Le Pen) a toutes les chances d’aboutir à un résultat identique. On peut supposer que le débat de l’entre deux tours sera certainement mieux préparé (le contraire semble difficile) et que le front républicain continuera sa lente agonie pour aboutir à un score final plus serré. Mais in fine, Emmanuel Macron a toutes les chances d’en sortir vainqueur et de profiter de l’élan présidentiel pour gagner les législatives qui suivent.
Pour le Rassemblement National par contre, une deuxième défaite consécutive serrait très dure à surmonter et la démotivation des électeurs qui en résulterait annonce des législatives catastrophiques. Il n’est pas sûr que Marine Le Pen puisse s’en relever cette fois-ci.

A contrario si Eric Zemmour réussi sont pari et lui ravit in extremis la deuxième place, Marine le Pen se retrouverait dans une position idéale pour les législatives. L’éditorialiste promeut depuis des années l’union des droites qui seule permettrait au Rassemblement National de sortir de son isolement électoralement fatal.
Le premier parti de France en terme d’électeurs ne possède que 6 députés à l’assemblée nationale. Une victoire d’Eric Zemmour et une alliance pour les législatives permettrait au Rassemblement National de démultiplier ce chiffre et de former enfin un groupe reflétant son vrai poids électoral.

A partir de là, toutes les ambitions deviennent possibles avec une entrée probable au gouvernement.
Marine Le Pen devrait se poser cette question : Vaut-il mieux être deuxième de l’élection présidentielle ou ministre ?

Plus généralement, l’ensemble de la sphère souverainiste (Nicolas Dupont Aignan, Florian Philippot, François Asselineau…) a tout à gagner à une victoire d’Eric Zemmour.
L’élection de ce candidat sans parti ouvrirait des possibilités qu’ils ne peuvent espérer atteindre seuls. Jean-Frédéric Poisson l’a bien compris en se déclarant prêt à le soutenir s’il se portait candidat.